Grossesse, Maternité, naissance respectée

Le déclenchement

Ça faisait longtemps, non? Alors, le Saviez-vous?


Petite Pause Culture de Lisa Héron, alias Elisabeth Bieuville.

« En rapport avec le thème de la SMAR (2017 « 40 weeks? Birth has a right time, not a scheduled time« , NdlR), nous allons vous parler du déclenchement.
Le déclenchement, kesako ?


1) Pourquoi déclenche-t-on l’accouchement ?


Les raisons sont multiples, en voici quelques unes :

  • dépassement de terme
  • placenta calcifié (les échanges de nutriments et d’oxygène se font moins bien)
  • souffrance fœtale
  • hypertension artérielle de la maman
  • trop ou pas assez de liquide amniotique
  • dystocie du travail
  • etc…


2) Comment déclenche-t-on ?

Là encore, il y a plusieurs possibilités qui varient beaucoup en fonction des équipes des maternités. Sachez toutefois, qu’aucune de ces interventions ne peut vous être imposée !

  • décollement des membranes (qui peut être fait durant un toucher vaginal…)
  • Propess (bandes de prostaglandines posées contre le col pour le faire maturer)
  • oxytocine = ocytocine synthétique (en perfusion, ce produit reproduit artificiellement l’hormone déclenchant les contractions)
  • ballonnet (ouverture mécanique du col, permettant à la maman de sécréter ses propres hormones)
  • Cytotec : cette molécule, antagoniste à la progestérone (hormone capitale pour le maintient de la grossesse), a été utilisée hors AMM (Autorisation de Mise sur le Marché) pour déclencher des accouchements. Malheureusement, ce produit étant très puissant, de graves accidents sont survenus. Il n’est a priori plus utilisé, mais n’hésitez pas à demander, vous avez le droit de savoir ce qu’on vous donne ! »

On peut ajouter à ces techniques la RAPDE : Rupture Artificielle de la Poche des Eaux, appelée aussi rupture artificielle des membranes ou amniotomie. Elle doit être, comme toutes les autres interventions, soumise à votre consentement éclairé. De plus, quand elle est dite de routine, c’est une pratique non-recommandée par l’OMS (2018).

3) Consentement : peut-on refuser, négocier un déclenchement ?


Peut-on choisir comment et avec quels produits déclencher ?
Oui ! Selon la loi (Kouchner, 2002), les soignants sont dans l’obligation de recueillir votre consentement avant tout acte. Un «petit décollement des membranes » fait pendant un toucher vaginal et sans vous avoir prévenue avant est illégal ! N’hésitez pas à discuter, à vous renseigner, à poser des questions. Un déclenchement n’est pas un acte anodin !


4) Quelles sont les conséquences ?


Les conséquences les plus fréquentes sont les suivantes :

  • recours quasi systématique à l’analgésie péridurale
  • augmentation des extractions instrumentales
  • augmentation des souffrances fœtales, à cause des contractions artificielles souvent plus violentes que les contractions naturelles.
  • augmentation des césariennes d’urgence


5) Y a-t-il des contre-indications ?


Principalement un ou des antécédents de césarienne qui fragilisent l’utérus et empêchent l’injection de produits renforçant ou déclenchant les contractions. Un déclenchement mécanique (ballonnet) reste toutefois envisageable.

 6) Quelques chiffres


Selon l’enquête périnatale de 2010 :

  • 22,7% de déclenchements en France (sachant que nous sommes passés de 8,5% de déclenchements en 1972 à 22,7% en 2010 ! L’OMS préconise pour sa part pas plus de 10% de déclenchements…).
  • 96% des déclenchements sont décidés pour raison médicale (incluant toutefois des dépassements de terme administratifs discutables), ce qui signifie quand même que 4% des déclenchements n’impliquent aucune raison médicale (convenance de l’équipe médicale, des parents…)
  • 34% des femmes ne reçoivent pas ou peu d’information…
  • 63,9% des femmes reçoivent du Syntocinon (ocytocine synthétique).
  • 25,9% seulement des femmes ont donné leur accord pour être déclenchées ! Autrement dit, pour 74,1% de femmes, le déclenchement et l’administration d’ocytocine de synthèse est fait sans leur consentement !
  • 16% des femmes ont reçu de l’ocytocine de synthèse sans même le savoir… »

Je me permets d’ajouter à cet article rédigé en 2017, les données de la dernière Enquête Périnatale de 2016. A ce propos, la prochaine ENP est pour bientôt, puisqu’elle devrait arriver en mars (j’avoue que j’ai hâte de la lire, car j’ai toujours espoir d’y voir une amélioration des conditions de Naissance…)
• Le taux de déclenchements est de 22,6 %
• dont 2/3 avec maturation du col : gel propess, ballonnets, laminaires…
• et 52,5 % avec de l’oxytocine
• les RAPDE (ruptures artificielles des membranes) sont encore de 43,7 %, alors que les reco de l’OMS ne les indiquent qu’en cas de dystocie du travail…

L’utilisation de l’oxytocine n’est pas une pratique anodine, puisque la molécule artificielle prend la place de l’hormone naturelle (oCytocine). L’oXytocine provoque des contractions plus fortes que son homologue naturelle, (d’où l’augmentation du recours à la péridurale dans ces cas-là), mais n’a pas les mêmes effets sur le lien d’attachement entre la mère et l’enfant…
Si vous faîtes partie des 22.6% de femmes dont l’accouchement a été déclenché/accéléré, il peut être utile de vous faire accompagner, ainsi que votre bébé : ostéo, micro-kiné, kinésio… D’autre part, suite à un déclenchement par oXytocine, l’allaitement et le portage notamment, grands pourvoyeurs d’oCytocine naturelle, seront d’autant plus bénéfiques pour la dyade maman-bébé. 

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