Naissance respectée | Blog | Nova Naissance https://novanaissance.fr/category/naissance-respectee/ Ateliers de Portage, Sommeil des Bébés, Puériculture, Clermont-Ferrand, 63 Wed, 26 Oct 2022 09:10:42 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9.5 https://novanaissance.fr/wp-content/uploads/2021/09/cropped-LOGO-nom-noir2-32x32.png Naissance respectée | Blog | Nova Naissance https://novanaissance.fr/category/naissance-respectee/ 32 32 Nova Naissance : la génèse https://novanaissance.fr/2022/10/26/nova-naissance-la-genese/ https://novanaissance.fr/2022/10/26/nova-naissance-la-genese/#respond Wed, 26 Oct 2022 09:10:41 +0000 https://novanaissance.fr/?p=4677 L’article Nova Naissance : la génèse est apparu en premier sur Nova Naissance.

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Il y a 5 ans débutait une grand aventure…
Car je me formais au portage des bébés, avec Isabelle Sertelon du Centre National de Formation au Portage des Bébés – CNFPB (et Transmettre Ensemble Le Portage- TELP ).
Et avec cette formation, les débuts de Nova Naissance V2.0…
Tu veux en savoir un peu plus sur la génèse de Nova Naissance? Pourquoi V2.0 ? Comment j’en suis venue à cette activité? Pourquoi je mettais des barrettes ?
centre national de formation au portage des bébés
CNFPB

A l’origine, Thalie …

Revenons à l’origine…
2010. Je vis à Marseille. Je suis enceinte de ma 1ère fille. Un bébé surprise. A ce moment-là, tout ce que je sais, c’est que je souhaite l’allaiter et accoucher sans péri, comme ma soeur. Je cherche de l’info.
Je tombe sur un bouquin : « Ma grossesse Bio et Naturelle« , à Nature et Découverte. J’y découvre l’AAD (et aussi que l’univers de la grossesse est fait d’acronymes!) pour Accouchement A Domicile. C’est une révélation : je veux accueillir ma poupette chez moi.
En faisant des recherches sur l’AAD, je découvre un forum local « Ensemble Naturellement« , qui a bien évolué depuis (Ensemble Naturellement ). J’y trouve de la solidarité, du partage, les couches lavables, le portage, les signes, les peaux d’agneau, les chaussons en cuir, les chaussures souples, les jambières, les sarouels, les lingettes lavables, les serviettes hygiéniques lavables, les jouets en bois, les lits cododo, les sages-femmes, la naissance respectée… Tout un univers : le maternage proximal.
Et je me sens à ma place. (Mais je ne mets pas encore de barrette, et tant mieux ! )
génèse nova naissance
génèse nova naissance

Puis, Mayana…

2014. Ma deuxième bébé nait en plateau technique, à Thiers, avec ma super SF et surtout toutes mes hormones. Une expérience que je souhaite à toutes les femmes…
J’use et abuse du maternage proximal : portage, cododo, couches lavables, signes… mais aussi allaitement (jusqu’à ses 13 mois). Que de doux souvenirs…
La reprise du boulot est proche. Je suis monitrice d’équitation (encore un métier passion!). Mais je ne me vois pas m’éloigner tous les jours de ma poupinette. Un congés parental et quelques réflexions plus tard, je décide de monter ma boîte. Nova Naissance à l’origine, c’est un magasin de puériculture éco-responsable, qui accueillerait des ateliers, sur Cournon d’Auvergne. Mais malgré un accueil globalement très positif de l’idée, un des financements ne suit pas et c’est l’arrêt net du projet, en 2016. Période difficile.
C’est là que je commence à mettre des barrettes. Non, pour de vrai, c’est surtout là que j’ai l’occasion de suivre la formation de monitrice de portage. Et je me dis que finalement, si les parents ne viennent pas dans mon magasin, c’est moi, qui irai à la rencontre des parents. Je décide de créer Nova Naissance V2.0.
Et à présent, ça fait 5 ans, que je vous accompagne, les Nova Parents. Et j’adore tellement cette mission de vie : vous transmettre des outils pour votre parentalité me porte tous les jours !
Pour résumer, c’est bien entendu grâce à mes filles que Nova Naissance existe. Et si j’ai eu une période où j’ai mis des barrettes, je dois surtout dire : mais pourquoi personne ne m’a dit que ça ne m’allait pas ?!

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Le dossier médical https://novanaissance.fr/2022/06/28/le-dossier-medical/ https://novanaissance.fr/2022/06/28/le-dossier-medical/#respond Tue, 28 Jun 2022 07:19:31 +0000 https://novanaissance.fr/?p=4605 L’article Le dossier médical est apparu en premier sur Nova Naissance.

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Il y a quelques temps, j’accompagnais une maman pour le sommeil de sa poulette de presque 1 an. Cette maman avait vécu des trucs pas chouettes (expression très loin de la réalité, mais je ne rentrerai pas dans les détails), pendant sa grossesse, pendant son accouchement et pendant son post-partum, à la maternité de Vichy.
Elle avait besoin de se reconstruire, d’avancer, de comprendre, mais surtout, surtout d’être écoutée!
C’est là qu’intervient le dossier médical. Car sa consultation lui permettra (peut-être) de comprendre comment la situation a pu en arriver là. Quoiqu’il en soit, ce sera le début de quelque chose, car elle se sentira actrice, elle agira.

Comment faire pour demander votre dossier médical ?

Saviez-vous que vous pouviez :
  • demander à le consulter sur place. (Gratuitement)
  • demander à ce qu’on vous en transmette une copie (copie et envoi à vos frais)
« Toute personne a le droit d’accéder à son dossier médical. » Et ça, c’est toujours grâce à la Loi Kouchner de 2002!
Comment faire?
Vous devrez envoyer un courrier (il existe des modèles de lettres-types sur le net) pour faire la demande.
L’établissement de santé (ici, la maternité) ou le pro de santé ont 8 jours pour vous répondre. Si votre dossier a plus de 5 ans, alors il peut s’écouler jusqu’à 2 mois. Les établissements de santé les archivent pendant 20 ans à compter de votre dernière visite/consultation.
Pensez à joindre une pièce d’identité pour vous et éventuellement un extrait d’acte de naissance pour votre bébé.
dossier médical

Mon expérience

J’ai demandé le dossier médical de mon 1er accouchement, quand j’attendais ma 2ème poulette.
Pour rappel, mon 1er accouchement avait été prévu à la maison, mais suite à une fissure de la poche des eaux à 3 semaines du terme, sans début de travail, j’ai été transférée à la maternité où je m’étais inscrite pour le « au cas où ». Maternité privée, type IIA…
Une fois reçu, ma sage-femme a pris le temps de m’expliquer les points que je ne pouvais pas interpréter seule. Comme le mot « gavage » : le fait de donner un bib’ de PCN à ma fille.
Est-il utile de préciser que j’avais dit que je souhaitais l’allaiter? Et que ça n’a pas empêché l’équipe de la « gaver » donc, sans m’en informer, avant même que j’ai eu l’occasion de lui donner sa 1ère TT (sachant qu’elle n’avait pas pu la prendre à la naissance)…
Ça m’a permis de comprendre pas mal de chose sur mon allaitement, mais 4 ans après!
J’ai aussi découvert que non, ce n’est pas vraiment normal de recevoir une dose de syntocinon seulement 4h après avoir reçu du propess. Que j’ai risqué la rupture utérine avec un tel traitement!
Mais pourquoi ce traitement de faveur? Peut-être parce que mon projet initial d’AAD n’avait pas vraiment plu à l’équipe…
La consultation de ce dossier m’a donc amené pas mal d’éléments, qui m’ont permis de comprendre certaines choses. Car même 4 ans après cet accouchement, j’avais besoin de guérir. L’accompagnement de ma SF a été essentiel aussi dans cette consultation.
N’hésitez donc pas à le consulter ou en demander une copie

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Les préparations à la naissance https://novanaissance.fr/2022/04/29/les-preparations-a-la-naissance/ https://novanaissance.fr/2022/04/29/les-preparations-a-la-naissance/#respond Fri, 29 Apr 2022 06:00:00 +0000 https://novanaissance.fr/?p=4481 L’article Les préparations à la naissance est apparu en premier sur Nova Naissance.

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Un grand merci à Élisabeth Bieuville, alias Lisa Héron, pour cet article, passionnant.

D’où vient la préparation à la naissance ?

Auparavant, les mères et grand-mères transmettaient à leurs filles le savoir personnel et subjectif qu’elles possédaient, et l’on jetait sur les naissances un voile de pudeur dont l’opacité n’avait d’égal que l’ignorance des femmes.
En 1950, le professeur Fernand Lamaze revient d’U.R.S.S. avec dans ses valises une grande nouveauté : la psychoprophylaxie. Sous ce terme peu engageant se dissimule une volonté de vulgariser à grande échelle les connaissances élémentaires entourant le corps et les mécanismes de la naissance dans le but de réduire la douleur causée par la peur et l’ignorance.
Improprement nommée « accouchement sans douleur », cette méthode de préparation restera la seule existante durant de nombreuses années.
En 1970, la généralisation de la péridurale vient perturber le concept de préparation à la naissance. Toujours sur le principe de la
psychoprophylaxie, on se met toutefois bien plus à préparer les femmes à recevoir une péridurale qu’à gérer les douleurs de l’accouchement.
Après 2000, la volonté de se ré-approprier son corps et ses propres décisions va s’étendre à la préparation à la naissance qui va alors énormément se diversifier. D’autant plus que la Sécurité Sociale en rembourse intégralement huit séances.

Qui peut en bénéficier ?

Toutes les femmes enceintes, qu’elles attendent leur premier enfant, leur second ou plus. Généralement, les séances ne débutent pas avant le sixième ou septième mois de grossesse. Bien entendu, dans la plupart d’entre elles, les futurs papas (NDLR : co-parents) peuvent participer.

Auparavant, les mères et grand-mères transmettaient à leurs filles le savoir personnel et subjectif qu’elles possédaient, et l’on jetait sur les naissances un voile de pudeur dont l’opacité n’avait d’égal que l’ignorance des femmes.
En 1950, le professeur Fernand Lamaze revient d’U.R.S.S. avec dans ses valises une grande nouveauté : la psychoprophylaxie. Sous ce terme peu engageant se dissimule une volonté de vulgariser à grande échelle les connaissances élémentaires entourant le corps et les mécanismes de la naissance dans le but de réduire la douleur causée par la peur et l’ignorance.
Improprement nommée « accouchement sans douleur », cette méthode de préparation restera la seule existante durant de nombreuses années.
En 1970, la généralisation de la péridurale vient perturber le concept de préparation à la naissance. Toujours sur le principe de la
psychoprophylaxie, on se met toutefois bien plus à préparer les femmes à recevoir une péridurale qu’à gérer les douleurs de l’accouchement.
Après 2000, la volonté de se ré-approprier son corps et ses propres décisions va s’étendre à la préparation à la naissance qui va alors énormément se diversifier. D’autant plus que la Sécurité Sociale en rembourse intégralement huit séances.
préparation naissance

Qui les dispense ?

Seuls les professionnels de santé peuvent dispenser des séances de préparation à la naissance.
Les sages-femmes sont généralement en première ligne, puisque ce sont elles qui accompagnent la majorité des accouchements. En groupe à la maternité ou en individuel en libéral, il est toujours possible de trouver une formule qui convienne aux besoins des couples.

Quelles sont les différentes préparations à la naissance qui existent ?

Il y en a pour tous les goûts ! La psychoprophylaxie existe toujours, bien sûr, et consiste généralement en une ou plusieurs réunion(s) d’information avec une sage-femme de la maternité où la future maman est inscrite. Quant aux autres, elles peuvent être proposées par la maternité, mais le plus souvent, elles sont dispensées par des sages-femmes libérales, que ces dernières accompagnent les naissances ou non.
En voici une petite liste non-exhaustive :
  • yoga prénatal
  • haptonomie
  • piscine
  • sophrologie
  • chant prénatal
  • hypnose
  • méthode Bonapace »
J’ajouterais qu’on peut différencier les prépa qui ont pour objectif la gestion de la douleur … des autres! Il sera alors important, selon ton projet de naissance, de bien t’informer en amont.

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Le projet de Naissance https://novanaissance.fr/2021/11/23/le-projet-de-naissance/ https://novanaissance.fr/2021/11/23/le-projet-de-naissance/#respond Tue, 23 Nov 2021 17:36:56 +0000 https://novanaissance.fr/?p=3987 L’article Le projet de Naissance est apparu en premier sur Nova Naissance.

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Quoi de mieux que d’être bien informé.e et préparé.e pour que les besoins de la mère et du bébé soient respectés quelles que soient les circonstances?

[Petite Pause Culture] Par Elisabeth Bieuville

 

Le projet de naissance 

 

1) Qu’est-ce que c’est ? 

 

Un projet de naissance est un document informel préparé par les futurs parents en amont de la naissance, et présenté au(x) soignant(s) qui les accompagnera(ont) le jour J. Il répertorie les souhaits des futurs parents, mais également les pratiques qu’ils aimeraient éviter. Il précise leur vœu d’analgésie ou non, d’allaitement ou de biberon, etc…

 

2) Que peut-on y mettre ?

 

Tout ! Dans la mesure où tout est susceptible d’ouvrir un dialogue avec le ou les soignant(s). Depuis le souhait de se passer de péridurale, l’envie d’être mobile, de bénéficier d’une lumière tamisée durant le travail, d’avoir un monitoring intermittent, ou le refus d’une épisiotomie, tout peut y être abordé. De plus, le projet de naissance ne concerne pas que le travail et l’accouchement, il permet également d’émettre des souhaits et de faire des choix quant à l’accueil du nouveau-né et les suites de couches. Tétée d’accueil, peau à peau, aspiration, collyre… tout ceci peut être discuté et choisi.

 

3) Quelles naissances sont concernées ? 

 

Encore une fois, toutes ! Un projet de naissance n’est pas réservé aux femmes désirant un accouchement naturel. Vouloir une péridurale est un choix qui peut être inclus dans un projet de naissance. Une future maman célibataire peut également bien sûr en rédiger un, a fortiori s’il n’est pas prévu qu’elle soit accompagnée le jour J. Même pour une césarienne programmée, un projet de naissance peut être établi : présence du papa au bloc, rachianesthésie, peau à peau avec le papa, première tétée en salle de réveil, refus d’alimentation artificielle, etc…

 

4) Quand et à qui le présenter ? 

 

Dans tous les cas, le mieux est de le présenter avant le jour J. Ce n’est pas lorsque vous serez en pleines contractions que vous pourrez discuter de vos souhaits avec l’équipe ! Dans le cas d’un suivi global avec accouchement prévu avec votre sage-femme, c’est évidemment à elle qu’il faut en parler. Elle vous le proposera d’ailleurs sans doute. En cas de suivi en maternité, il est possible de le présenter lors du rendez-vous du 8ème mois, ou de prendre rendez-vous avec une sage-femme coordinatrice.

 

5) Peut-il être refusé par l’équipe médicale ? 

 

Oui et non. La rédaction d’un projet de naissance est répertoriée par l’OMS comme une pratique bénéfique à encourager. Toutefois, certains soignants restent encore sur la défensive face à ces documents. N’oubliez pas qu’il s’agit avant tout d’un outil de dialogue, et certaines demandes peuvent être difficiles à honorer pour des raisons pratiques ou protocolaires. À vous de voir ce qui est rédhibitoire à vos yeux. La discussion autour d’un projet de naissance peut aussi être l’occasion de réaliser que cette maternité/ ce soignant ne vous permet pas de vous sentir en confiance. Changer de maternité et de soignant est possible quel que soit le terme de la grossesse.
grossesse

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« Tu enfanteras dans la douleur » ou pas! https://novanaissance.fr/2021/11/22/tu-enfanteras-dans-la-douleur-ou-pas/ https://novanaissance.fr/2021/11/22/tu-enfanteras-dans-la-douleur-ou-pas/#respond Mon, 22 Nov 2021 15:59:11 +0000 https://novanaissance.fr/?p=3917 L’article « Tu enfanteras dans la douleur » ou pas! est apparu en premier sur Nova Naissance.

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Parlons  de la douleur de l’accouchement : réalité, croyance issue de la culture judéo-chrétienne, mythe diffusé par les media, transmission intergénérationnelle… Autant d’explication à cette douleur, qui est à distinguer de la souffrance…

Article rédigé par Elisabeth Bieuville. Un grand merci à elle!

 

La douleur lors de l’accouchement, c’est quoi ?

 

D’après Blandine Poitel, dans son livre « Les nouveaux rites autour de l’accouchement« , la douleur lors d’un accouchement est estimée comme :

  • extrêmement violente par 25% des femmes
  • variable (de modérée à forte) par 50%
  • absente, voire proche du plaisir par 25%

Le fait même que la douleur lors de l’accouchement soit présentée comme inévitable et nécessairement insupportable est donc en soi une idée reçue.

Mais alors, d’où vient cette idée ?

 

Si l’on envisage l’accouchement d’un point de vue purement mécanique, la douleur peut s’expliquer par bien des aspects :
Les contractions puissantes du muscle utérin, la pression foetale sur le col de l’utérus, la dilatation de ce dernier, les sollicitations périnéales, les tractions sur le péritoine et les ligaments qui l’entourent… Les pressions sur la vessie et le rectum, et même la pression sur les os du bassin que la tête du bébé franchit tout juste !
Toutefois, le corps humain possède bien évidemment une capacité naturelle à donner naissance. Alors, si physiologiquement la douleur s’explique, quelles contreparties offre la nature ?
Hormones, confiance, mobilité…
En définitive, il existe plusieurs possibilités pour mieux accueillir les contractions. La toute première étant de ne pas considérer ces dernières comme nécessairement vectrices de douleur. Le corps en travail produit, s’il n’est pas dérangé, un cocktail d’hormones bienfaitrices. Outre l’ocytocine qui, en plus de provoquer les contractions, est l’hormone de l’attachement et de l’amour (oui, c’est de l’ocytocine qu’on produit lorsque l’on a un rapport sexuel !), le corps produit également de l’endorphine, hormone du bien-être et de la détente. De plus, la possibilité de mouvements offre l’opportunité à la femme en travail de limiter les pressions et tractions physiologiquement induites par la dilatation du col et la poussée du bébé hors du corps maternel, en adaptant ses positions à ses sensations et en s’aidant de l’attraction terrestre.

Mais, si la douleur n’est pas nécessaire, pourquoi autant d’énergie à vouloir la supprimer ?

 

Si l’on remet les choses dans leur contexte, il est aisé de comprendre que la douleur a des origines pathologiques et… politiques !
En effet, avant que le suivi de grossesse, la contraception et l’hygiène sous toutes ses formes n’existent, bien des femmes se retrouvaient à mettre au monde beaucoup d’enfants, dans des conditions de misère absolue, sur fond de maladie latente. La douleur n’avait alors plus rien de physiologique, mais représentait une réponse du corps face à la menace de la dystocie. De ce fait, cela a renforcé l’idée que l’accouchement est dangereux et douloureux, notamment lorsque les médecins ont commencé à s’intéresser de près à la naissance. Leur peur, mais aussi la transmission consciente et inconsciente, collective ou familiale, ont donné la part belle à cette douleur, l’associant systématiquement à la naissance.
Par la suite, le féminisme s’est approprié l’accouchement sans douleur, le voyant comme une libération et en faisant une revendication. La péridurale a alors intégré les salles de naissance, induisant également les protocoles médicaux, l’hypermédicalisation des naissances, et rendant toute tentative d’accouchement sans analgésie hasardeuse.

Cependant, si l’accouchement naturellement peu douloureux, voire orgasmique, existe bel et bien, pourquoi ne nous parle-t-on que de douleur ?

Tout simplement parce que notre société judéo-chrétienne ne nous a longtemps pas permis de nous affranchir de la douleur et d’oser affirmer qu’elle n’était pas ressentie par toutes les femmes ! La culture et la société ont un poids considérable sur les transmissions, accompagnements et donc ressentis des femmes.
En outre, parler d’accouchement est encore parfois compliqué au XXIè siècle ! On ne peut qu’imaginer à quel point c’était difficile pour nos mères et nos grands-mères d’aborder le sujet de la naissance orgasmique !

Alors, comment envisager la naissance autrement ?

En commençant par se renseigner, écouter des témoignages, (re)découvrir son corps et s’affranchir de l’hyper-médicalisation. Chaque femme produit des sensations qui lui appartiennent en propre, l’idée que l’accouchement ne soit pas nécessairement douloureux est déjà, en soi, une ouverture vers de nouveaux ressentis, de nouvelles expériences. Et, pourquoi pas, vers l’opportunité pour un nombre croissant de femmes, d’accepter que physiologiquement et hormonalement, donner naissance peut être un vrai plaisir… et aller jusqu’à l’orgasme !

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Sages-femmes en grève https://novanaissance.fr/2021/09/30/sages-femmes-en-greve/ https://novanaissance.fr/2021/09/30/sages-femmes-en-greve/#respond Thu, 30 Sep 2021 07:42:40 +0000 https://novanaissance.fr/?p=3683 L’article Sages-femmes en grève est apparu en premier sur Nova Naissance.

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Merci à la sage-femme qui m’a transmis ce texte qu’elle a rédigé,  pour expliquer le mouvement actuel.

L’amélioration des conditions de naissance en France passera aussi par la reconnaissance du statut des sages-femmes!

Les sages-femmes sont actuellement en grève et elles ont besoin du soutien des femmes pour montrer au gouvernement qu’elles sont indispensables, car n’étant que 23000 profesionnelles, le mouvement bien que très suivi n’est que peu médiatisé.

Les maternité étaient fermées pour une partie d’entre elles les 24-25-26 septembre et les autres ont eu les plus grandes difficultés à fonctionner avec des sages-femmes qui n’ont pas toujours pu être assignées à temps par les directions hospitalières. Le 7 octobre, une journée noire est prévue dans les établissements, avec une manifestation avec à tous à Paris.

Leurs revendications principales sont celles-ci :

  • des revalorisations TRES importantes des traitements et salaires des agents et sf du secteur privé, à la hauteur d’une profession MEDICALE à responsabilité juridique MEDICALE aux yeux des tribunaux, et valorisations des actes effectués en libéral, y compris les actes de l’accompagnement global (astreinte, accouchement, suivi du travail et suites de couches)
  • – une reconnaissance pleine et entière de notre statut médical : statut identique aux autres professions médicales ainsi que l’obtention d’une 6ème année d’étude afin de décondenser la formation initiale actuelle
  • autonomie dans les soins aux femmes sans facteur de risque : praticien de premier recours en santé génésique, référent grossesse et parcours des 1000 jours, large accès aux plateaux techniques hospitaliers, généralisation des maisons de naissance sur le territoire (pas seulement 20 MdN qui concerneront 1000 femmes/an), prise en compte de l’ACCOUCHEMENT A DOMICILE dans le paysage de la naissance (actuellement 2è lieu de naissance en France !) avec une assurance au même tarif que les sages-femmes de plateau technique ou de MdN, développement de filières physiologiques autonomes au sein des maternités (finis les expérimentations ! passons aux actes !)
  • universitarisation des études et développement de la recherche en maïeutique : sage-femme enseignant chercheurs +++, sf maître de stage, etc

Merci de les soutenir, pour la santé des femmes, des jeunes filles et des nourrissons !

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Recommandations OMS https://novanaissance.fr/2021/09/14/recommandations-oms/ https://novanaissance.fr/2021/09/14/recommandations-oms/#respond Tue, 14 Sep 2021 11:19:07 +0000 https://novanaissance.fr/?p=3502 L’article Recommandations OMS est apparu en premier sur Nova Naissance.

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Et oui, n’en déplaise à Tonton Roger et Mémé Ginette (bonjour à eux d’ailleurs, ça faisait longtemps que je ne les avais pas un peu titillés ces deux-là!), mais si c’est l’OMS* qui le dit, c’est pas pour rien!

En effet, il est conseillé que bébé dorme dans la chambre de ses parents jusqu’à ses 6 mois, pour diminuer les risques de MIN (Mort Inattendue du Nourrisson).

Comment ça marche?

 Tout simplement parce que bébé cale plus facilement sa respiration sur celle de ses parents d’une part, et qu’il est plus facile de réagir à un problème d’autre part quand bébé est juste à côté.

 Et en plus, si tu allaites, c’est super pratique!

Maintenant tu sauras quoi répondre à Mémé Ginette si elle te fait gentiment remarquer que quand-même, il dort toujours dans ta chambre ce petit?!

*Organisation Mondiale de la santé  

 

 

 

 

 

 

 

 

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Le déclenchement https://novanaissance.fr/2021/02/15/le-declenchement/ https://novanaissance.fr/2021/02/15/le-declenchement/#respond Mon, 15 Feb 2021 12:38:08 +0000 http://novanaissance.fr/?p=2636 Ça faisait longtemps, non? Alors, le Saviez-vous? Petite Pause Culture de Lisa Héron, alias Elisabeth Bieuville. « En rapport avec le thème de la SMAR (2017 « 40 weeks? Birth has a right time, not a scheduled time« , NdlR), nous allons vous parler du déclenchement. Le déclenchement, kesako ? 1) Pourquoi déclenche-t-on l’accouchement ? Les raisons sont […]

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Ça faisait longtemps, non? Alors, le Saviez-vous?


Petite Pause Culture de Lisa Héron, alias Elisabeth Bieuville.

« En rapport avec le thème de la SMAR (2017 « 40 weeks? Birth has a right time, not a scheduled time« , NdlR), nous allons vous parler du déclenchement.

Le déclenchement, kesako ?

1) Pourquoi déclenche-t-on l’accouchement ?


Les raisons sont multiples, en voici quelques unes :

  • dépassement de terme
  • placenta calcifié (les échanges de nutriments et d’oxygène se font moins bien)
  • souffrance fœtale
  • hypertension artérielle de la maman
  • trop ou pas assez de liquide amniotique
  • dystocie du travail
  • etc…


2) Comment déclenche-t-on ?

Là encore, il y a plusieurs possibilités qui varient beaucoup en fonction des équipes des maternités. Sachez toutefois, qu’aucune de ces interventions ne peut vous être imposée !

  • décollement des membranes (qui peut être fait durant un toucher vaginal…)
  • Propess (bandes de prostaglandines posées contre le col pour le faire maturer)
  • oxytocine = ocytocine synthétique (en perfusion, ce produit reproduit artificiellement l’hormone déclenchant les contractions)
  • ballonnet (ouverture mécanique du col, permettant à la maman de sécréter ses propres hormones)
  • Cytotec : cette molécule, antagoniste à la progestérone (hormone capitale pour le maintient de la grossesse), a été utilisée hors AMM (Autorisation de Mise sur le Marché) pour déclencher des accouchements. Malheureusement, ce produit étant très puissant, de graves accidents sont survenus. Il n’est a priori plus utilisé, mais n’hésitez pas à demander, vous avez le droit de savoir ce qu’on vous donne ! »

On peut ajouter à ces techniques la RAPDE : Rupture Artificielle de la Poche des Eaux, appelée aussi rupture artificielle des membranes ou amniotomie. Elle doit être, comme toutes les autres interventions, soumise à votre consentement éclairé. De plus, quand elle est dite de routine, c’est une pratique non-recommandée par l’OMS (2018).

3) Consentement : peut-on refuser, négocier un déclenchement ?


Peut-on choisir comment et avec quels produits déclencher ?
Oui ! Selon la loi (Kouchner, 2002), les soignants sont dans l’obligation de recueillir votre consentement avant tout acte. Un «petit décollement des membranes » fait pendant un toucher vaginal et sans vous avoir prévenue avant est illégal ! N’hésitez pas à discuter, à vous renseigner, à poser des questions. Un déclenchement n’est pas un acte anodin !


4) Quelles sont les conséquences ?


Les conséquences les plus fréquentes sont les suivantes :

  • recours quasi systématique à l’analgésie péridurale
  • augmentation des extractions instrumentales
  • augmentation des souffrances fœtales, à cause des contractions artificielles souvent plus violentes que les contractions naturelles.
  • augmentation des césariennes d’urgence
déclenchement accouchement


5) Y a-t-il des contre-indications ?


Principalement un ou des antécédents de césarienne qui fragilisent l’utérus et empêchent l’injection de produits renforçant ou déclenchant les contractions. Un déclenchement mécanique (ballonnet) reste toutefois envisageable.

 6) Quelques chiffres

Selon l’enquête périnatale de 2010 :

  • 22,7% de déclenchements en France (sachant que nous sommes passés de 8,5% de déclenchements en 1972 à 22,7% en 2010 ! L’OMS préconise pour sa part pas plus de 10% de déclenchements…).
  • 96% des déclenchements sont décidés pour raison médicale (incluant toutefois des dépassements de terme administratifs discutables), ce qui signifie quand même que 4% des déclenchements n’impliquent aucune raison médicale (convenance de l’équipe médicale, des parents…)
  • 34% des femmes ne reçoivent pas ou peu d’information…
  • 63,9% des femmes reçoivent du Syntocinon (ocytocine synthétique).
  • 25,9% seulement des femmes ont donné leur accord pour être déclenchées ! Autrement dit, pour 74,1% de femmes, le déclenchement et l’administration d’ocytocine de synthèse est fait sans leur consentement !
  • 16% des femmes ont reçu de l’ocytocine de synthèse sans même le savoir… »

Je me permets d’ajouter à cet article rédigé en 2017, les données de la dernière Enquête Périnatale de 2016. A ce propos, la prochaine ENP est pour bientôt, puisqu’elle devrait arriver en mars (j’avoue que j’ai hâte de la lire, car j’ai toujours espoir d’y voir une amélioration des conditions de Naissance…)
• Le taux de déclenchements est de 22,6 %
• dont 2/3 avec maturation du col : gel propess, ballonnets, laminaires…
• et 52,5 % avec de l’oxytocine
• les RAPDE (ruptures artificielles des membranes) sont encore de 43,7 %, alors que les reco de l’OMS ne les indiquent qu’en cas de dystocie du travail…

L’utilisation de l’oxytocine n’est pas une pratique anodine, puisque la molécule artificielle prend la place de l’hormone naturelle (oCytocine). L’oXytocine provoque des contractions plus fortes que son homologue naturelle, (d’où l’augmentation du recours à la péridurale dans ces cas-là), mais n’a pas les mêmes effets sur le lien d’attachement entre la mère et l’enfant…
Si vous faîtes partie des 22.6% de femmes dont l’accouchement a été déclenché/accéléré, il peut être utile de vous faire accompagner, ainsi que votre bébé : ostéo, micro-kiné, kinésio… D’autre part, suite à un déclenchement par oXytocine, l’allaitement et le portage notamment, grands pourvoyeurs d’oCytocine naturelle, seront d’autant plus bénéfiques pour la dyade maman-bébé. 

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Le toucher vaginal https://novanaissance.fr/2020/12/14/le-toucher-vaginal/ https://novanaissance.fr/2020/12/14/le-toucher-vaginal/#respond Mon, 14 Dec 2020 12:11:44 +0000 http://novanaissance.fr/?p=2227 L’article Le toucher vaginal est apparu en premier sur Nova Naissance.

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Petite Pause Culture #5. Merci à Elisabeth Bieuville pour cet article

« On en parle beaucoup, on le découvre lors d’une consultation, on le pense trop souvent indispensable… Le toucher vaginal fait couler beaucoup d’encre et est à l’origine de bien des débats. Entre affaires houleuses de non-consentement et recommandations, le toucher vaginal (TV pour les intimes) semble être au cœur de la santé des femmes.
Mais en fait, qu’est-ce que c’est ? Et à quoi ça sert ?

Examen médical

Le toucher vaginal est un examen médical qui peut être réalisé par un médecin généraliste, une sage-femme, un gynécologue ou un obstétricien. Son exécution consiste habituellement à l’introduction dans le vagin de l’index et du majeur munis d’un doigtier à usage unique. Il est généralement complété par une palpation abdominale afin d’apprécier la taille et la position de l’utérus. Cet examen doit être indolore.
Ce qu’il permet d’examiner :
– les parois vaginales
– le col de l’utérus : longueur, position, consistance et dilatation
– le corps de l’utérus : dimension, inclinaison (antéversion, rétroversion)
– les trompes
– les ovaires
Le grand favori du suivi de grossesse et de l’accouchement.

Dans le cadre de l’accouchement, il permet d’apprécier la dilatation du col de l’utérus pour suivre l’évolution du travail. Bien qu’encore pratiqué de manière routinière en France, que ce soit sur des femmes enceintes, en travail ou même lors d’une simple consultation, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) recommande de limiter la fréquence de cet examen au strict minimum.

L’effet iatrogène (induisant des pathologies) du toucher vaginal dans la surveillance stricte de l’évolution du travail a été reconnu et a donné lieu à de nouvelles recommandations de la Haute Autorité de la Santé (HAS), notamment en ce qui concerne la vitesse d’ouverture du col, auparavant fixée à 1 cm par heure.

Ailleurs en Europe

Les pratiques autour du toucher vaginal varient beaucoup en Europe. Toutefois, la France reste le seul pays européen à systématiser le toucher vaginal durant les consultations de grossesse et le suivi de l’accouchement. Pourtant, son indication principale – la prévention des accouchements prématurés – n’a jamais été prouvée. Les résultats très mitigés de la France en matière de prématurité auraient même tendance à montrer le contraire.

Consentement

On ne le dira jamais trop : le toucher vaginal est et reste un examen médical à part entière. À ce titre, il doit faire l’objet d’une explication exhaustive et d’un recueil de consentement avant de le pratiquer, comme pour tout acte médical. »

Et toi, tu savais tout ça à propos du fameux TV? Peut-être que tu pourrais partager pour en faire profiter un max de monde?

Désolée pour le visuel qui n’a rien à voir, mais tu m’accorderas que c’est plus sympa de voir un petit chaton de Noël tout mignon plutôt qu’un truc qui représente un TV? (Soit dit en passant, j’ai quand même cherché un moment un visuel qui se rapprocherait d’un TV) Du coup, là, je sais que j’ai attiré ton regard, et tu ne le regrettes pas, n’est-ce pas? 

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Récit … https://novanaissance.fr/2020/11/14/recit/ https://novanaissance.fr/2020/11/14/recit/#respond Sat, 14 Nov 2020 16:13:29 +0000 http://novanaissance.fr/?p=2180 Parce que le partage de récit de naissance fait partie intégrante de la génèse de Nova Naissance, j’ai décidé de vous partager ici celui de mon premier accouchement. En effet, c’est en lisant des récits de naissance sur un célèbre forum, que j’ai découvert l’Accouchement à Domicile, et c’est ainsi qu’a démarré cette grande aventure, […]

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Parce que le partage de récit de naissance fait partie intégrante de la génèse de Nova Naissance, j’ai décidé de vous partager ici celui de mon premier accouchement. En effet, c’est en lisant des récits de naissance sur un célèbre forum, que j’ai découvert l’Accouchement à Domicile, et c’est ainsi qu’a démarré cette grande aventure, en … 2010!

En effet, partager son récit de naissance a plusieurs intérêts : déposer par écrit ce moment unique et souvent intense quelques temps après l’accouchement (pas trop longtemps, les souvenirs des détails s’effacent vite!) permet parfois d’expier certains ressentis enfouis, mais cela permet aussi de montrer à d’autres ce que les femmes sont capables de faire lorsqu’elles enfantent.

Voici donc ce que j’ai rédigé juste après mon premier accouchement, 2 mois après pour être exacte.

« Récit d’un accouchement … comme les autres…

Voilà, je m’y colle enfin.

Mais ne vous attendez pas à sortir les mouchoirs, ceci est un récit d’accouchement. Point.

Ce n’est pas le récit d’une naissance.

Comme le savent la plupart d’entre vous, je désirais accoucher à domicile, mais la vie en a décidé autrement. Rien de dramatique là-dedans bien sûr, mais un espoir déçu, et un cœur de femme blessé.

Depuis longtemps déjà, alors même que je n’étais pas sûre de vouloir d’enfant, je savais que si j’en avais, je le mettrais au monde le plus naturellement possible, et au moins sans péridurale. Pour moi, l’accouchement était cette étape de la vie qui nous plonge dans le monde des adultes. Une sorte de rite initiatique comme il en existe dans toutes les cultures. Une épreuve à franchir pour prouver son mérite à être mère, qui nécessite forcément de la douleur. D’ailleurs, je pensais que s’il y avait bien un moment dans la vie où il était utile de souffrir, c’était là, au moment de donner la vie.

Il me semblait même que dans une société où tout était plus facile, plus accessible, l’accouchement était la dernière occasion de se prouver sa valeur, son courage aussi…

Et puis, mes lectures sont venues me confortaient tout au long de ma grossesse dans mon choix : accompagner mon enfant dans cette aventure qu’est la naissance, comme la nature l’a prévu.

Oui, je mettais la barre très haute. Mais c’est aussi comme ça que je fonctionne.

Et rien ne laissait présager qu’il en serait autrement, comme quoi… une grossesse sereine, sans aucune ombre au tableau, ma poupette faisait son nid tranquillement, tout allait bien.

J’avais suivi les cours de préparation avec F., j’avais prévu la piscine à la maison, la famille, les amis étaient prévenus qu’il était inutile de venir les jours suivant l’accouchement. Je voulais qu’on puisse profiter tous les 3 de notre bulle le plus longtemps possible. Tout cela me paraissait tellement évident. J’en étais arrivée à un point qu’un éventuel transfert en maternité me paraissait insupportable.

Début avril, il me restait normalement un mois encore pour profiter de cet état de plénitude, mais je sentais que poupette arriverait bien avant. D’ailleurs, ça m’arrangeait, je voulais qu’elle soit Bélier !!!

Et puis, le mercredi 7 avril, vers midi, j’ai senti que je perdais un peu de liquide, mais ça ne m’a pas alarmé, dans la mesure où il restait encore 4 semaines, et que j’avais eu la même sensation un mois auparavant, sensation qui s’était estompée en quelques heures.

Et puis, comme le soir je sentais toujours ce liquide coulait de temps en temps, j’ai commencé à m’inquiéter : si c’était bien du liquide amniotique, et que le travail commençait, je n’étais pas sûre que F . me suivrait pour l’AAD. Elle m’avait d’ailleurs dit que ce serait « ok » à partir du 10 avril…

Je me couche des larmes plein les yeux. Ce projet me tient tellement à cœur, et puis, je ne suis pas vraiment prête je crois. J’en parle à Chou, on décide d’attendre le lendemain matin.

Le jeudi matin, toujours cet écoulement. On part à Beauregard pour vérifier. J’ai toujours l’espoir que ce ne soit pas la poche des eaux, que ce n’est pas encore le moment, que je pourrai mener mon projet à terme. Mais la confirmation est vite là : fissure des membranes, c’est bien du liquide amniotique. Bien sûr, l’équipe soignante m’annonce que je dois rester, mais c’est mal me connaitre. Après quelques minutes de discussion, je signe une sortie contre avis médical, non sans avoir entendu le désormais classique « vous prenez des risques inconsidérés ». Mais tout ce que je veux, c’est rentrer chez moi, dans mon cocon, et me mettre au travail ! Entre temps j’ai eu F. au tel, elle accepte de nous accompagner. Je rentre donc sereine et apaisée : je vais pouvoir accueillir ma puce chez nous.

Le texte qui suit, je l’ai rédigé presque en temps réel, j’ai donc décidé de vous le retranscrire tel quel.

« 08/04 : en rentrant de Beauregard, j’ai d’abord mangé et essayé de dormir. Vers 15h30, Chou fait de la chantilly !!! J’en déduis qu’il essaie de trouver une occupation pour ne pas trop cogiter ! moi sur le ballon, devant l’ordi, visitant le forum… tranquille, RAS (plus d’écoulement, pas de contractions).

+ tard : je finissais mes fraises à la chantilly quand F. est arrivée : elle m’a examinée, m’a rassurée, comme d’hab : à peine effacée, un col qui n’est quand même pas en travail… F. repart, Chou va chez le médecin (anti-AAD, il refusera de délivrer l’ordonnance pour les bouteilles d’oxygène, et oui, y a des débiles partout). Je reste seule, retourne aux toilettes pour la énième fois. Des contractions commencent à se faire ressentir. A genoux sur le matelas au sol, les coudes sur le lit, j’essaie de me concentrer, de rentrer dans ma bulle (la fameuse bulle). Ça fonctionne bien.

Et puis Chou rentre, je sors complètement du truc. Il essaie de trouver un autre médecin et repart. Je ne pense qu’à une chose, me coucher ; ce que je fais. Et qu’est-ce que je suis bien ! je n’arrive pas à m’endormir, mais je suis trop bien. Par contre, je n’ai plus aucune sensation de travail…

Chou revient vers 18h40, avec une ordonnance qui ne servira à rien ce soir, puisque la société qui loue les bouteilles est fermée!

On fait (enfin) un câlin. Je me lève, tranquille, appelle ma sœur. Elle est émue et  ravie! On rigole bien d’ailleurs ! Mon neveu de 4 ans veut me dire quelque chose : « Merci Tatoune pour ton bébé », je réponds à ma sœur « mais de rien, si j’peux rendre service ! »

De mon côté, plus rien, pas de contractions, pas d’inquiétude non plus, juste une zen attitude ! on mange (trop envie de pâtes pour une fois), et Chou repart chercher une pharmacie de garde, le pauvre, il aura passé sa journée à courir les pharmacies !!! »

Voilà ce que j’avais écrit sur le moment, j’aurais mieux fait de me concentrer sur la situation…

Vers 23h, F. nous a rejoint, m’a fait un monito de contrôle : enfin quelques contractions, même si je ne les sens pas. On va tous se coucher. F. nous réveille vers 6h, j’ai bien dormi, trop bien dormi, le monitoring ne détecte plus aucunes contractions. F. me dira plus tard qu’elle pensait que je l’aurais réveillée vers 3h du mat, avec des contractions de travail, mais au lieu de cela, moi, j’ai trop bien dormi …

Je sens qu’elle ne suit plus, Chou non plus d’ailleurs : ça fait bientôt 48h que la poche des eaux s’est fissurée, et les risques d’infection commencent à être trop important. Je me résigne au transfert, la mort dans l’âme. Je prépare mes affaires pour la maternité (je n’avais pas préparé la fameuse valise, persuadée que je n’en aurais pas besoin) comme un robot, je suis complètement déconnectée, F. et Chou s’affairent aussi de leur côté. Je me retrouve seule dans la salle de bain, et craque complètement. Je suis à la fois si triste, et tellement en colère !!! L’espoir d’accoucher chez moi s’est évaporé à ce moment-là : je me suis résignée.

Ecœurée, on part à Beauregard, et là, je rentre dans la situation exacte que je ne voulais surtout pas vivre : les examens (douloureux en plus), les monito qui durent des plombes, le personnel qui rentre et sort, la lumière, le bruit, bref, rien qui ne permet de déclencher le travail. Et d’ailleurs, jamais je n’aurais à nouveau de contractions naturelles.

Je ne me souviens plus trop de cette journée, pas en détail en tout cas. Je sais juste que j’ai pleuré beaucoup, et souvent. Que le personnel, malgré ses intrusions intempestives dans la salle de travail (dite « salle nature » parce qu’il y a la possibilité d’écouter de la musique… latino !!!) s’est montré super compréhensif, là où je pensais que j’allais être reçue comme une paria irresponsable.

Début d’aprème, toujours aucunes contractions, les hostilités commencent : le col est à peine effacé, ils décident d’utiliser un tampon pour déclencher le travail. Je passe dans une petite chambre, et les douleurs commencent. Gérables au début, elles deviennent rapidement difficiles à supporter. Je vomis une première fois de douleur. J’essaie de me rappeler mes lectures : laisser la contraction venir, l’accepter, la laisser monter et redescendre, comme une vague… visualiser ma puce, et l’inciter à descendre entre chaque contraction… ça fonctionne !

Et puis, tout à coup, « ça » ne fonctionne plus, les contractions sont de plus en plus douloureuses, je suis submergée, je n’arrive absolument pas à gérer. A nouveau, je vomis (dommage pour le balisto que je m’étais empressée de manger en cachette juste avant, sachant qu’ils me l’interdiraient !!!). Chou ne m’est d’aucune aide, mais je ne lui reproche pas : c’est mon épreuve, mon aventure.

Vers 17h, on passe au niveau supérieur : en salle d’accouchement, l’examen montre une dilatation à … 3 !!! quoi ? toute cette souffrance pour ça ???? mais, elle est où la douleur utile dont on m’avait parlé ??? ils me branchent la perf d’ocytocine (=Syntocinon), et là, je renonce totalement : oui, je veux bien la péridurale… je suis exactement dans le schéma que je ne voulais surtout pas vivre…

En moins de 3h, je passe à dilatation complète. Ma puce arrive, je ne suis pas vraiment prête, mais de toute façon, je n’ai pas le choix. Là, à nouveau, je suis exactement dans le schéma que je ne voulais surtout pas vivre… trop de personnes autour de moi, position gynécologique, lumière, bruit, « inspirer, bloquer, pousser », et le pire de tout, l’expression abdominale. Pourtant, elles m’ont demandé mon accord, mais je suis dans la renonciation totale, entièrement spectatrice de cet accouchement, écœurée que ça se passe ainsi. Je me souviens avoir entendu la SF qui procédera à l’expression abdominale : « moi, je suis de la vieille école »… c’est bien de le reconnaître déjà… pourtant, depuis le début, et avant même d’avoir l’AAD comme projet, les récits de femmes qui avaient subi cette intervention m’horrifiaient, me révoltaient. J’avais dit à Chou, au début de ma grossesse « surtout, quoiqu’il arrive, tu ne les laisses pas me monter sur le ventre ! »…

A chaque « poussée », je ferme les yeux, comme pour nier cette situation, une des SF me dit de garder les yeux ouverts, je n’ai toujours pas compris pourquoi… poupette arrive, la gynéco me dit de toucher sa tête, je n’ai pas trop envie, mais bon, je me laisse guider : comme je suis sous péridurale, je ne sens aucune différence entre la tête de mon bébé  et mon propre corps, du coup, cette sensation ne me procure aucune émotion.

Et puis, ça y est, elle est là, je la prends et finis de la sortir de ce corps qui lui a servi de nid pendant tous ces mois. Ils demandent à Chou s’il veut couper le cordon, pourtant j’avais demandé à le laisser battre un peu, mais ils n’ont pas accepté. Elle est toute visqueuse. Elle est sur moi, mais met un peu de temps à respirer. Les glaires la gênent vraiment.

Je ne réalise pas trop. Pourtant, c’est bien ma fille qui est là. Ils la récupèrent pour les « soins », je l’entends hurler, et supplie Chou de lui parler pour la rassurer, lui dire qu’on est là. Pendant ce temps, la gynéco me recoud, une des rares choses que j’aurais obtenue : elle n’a pas fait d’épisio, j’ai une petite déchirure qui nécessite 3 points. Je ne sens pas la délivrance, qui vient rapidement pourtant, je m’en rends compte quand la gynéco parle de culture pour vérifier que le placenta n’a pas été infecté.

On me ramène mon bébé, je la garde sur moi, lui fait sentir mon sein, mais elle n’est pas encore prête à téter. Elle a toujours du mal à respirer, gênée par les glaires. Ils ne me la laissent pas longtemps : elle se refroidit trop vite. Ils veulent la mettre en couveuse au service néonat, et me propose une chambre kangourou pour être au plus près d’elle cette nuit. J’accepte forcément.

Je me retrouve seule dans la salle d’accouchement, le temps que la péri ne fasse plus effet. Je pleure. Malgré l’arrivée de ma puce, rien n’efface le chagrin de ne pas l’avoir accueillie correctement. J’ai presque honte de ne pas avoir été à la hauteur. Alors qu’elle, s’est battue pour naître. Je suis si déçue, je me suis déçue.

Vers 23h, on se retrouve enfin tous les 3, heureux. On prend des photos de notre nouvelle petite famille. J’en profite, j’aurais tout le temps de soigner cette blessure plus tard. Je mange, Chou peut rester dormir dans la chambre (heureusement !!!). Je suis un peu fatiguée quand même. Je m’endors en pensant à toute cette journée, et à ma puce qui est seule dans sa couveuse, et qui doit se demander ce qu’il se passe…

Au milieu de la nuit, on me réveille pour une tété : Thalie a faim ! c’est le moment que j’attendais ! et tout se passe sans problème ! par contre, je suis super impressionnée par la force de succion que peut avoir cette toute petite chose !!!

Voilà, à partir de là, les choses vont plutôt bien se passer : poupette va bien, dès le lendemain matin, je peux la garder avec moi. Du coup, on déménage en chambre double. F. est passée me voir le samedi, vers midi : elle aussi a mal vécu cet accouchement-là. C’est la seule personne qu’on autorisera à venir à la mater (et on a bien eu raison : ma voisine de chambre a eu une 20N de visites par jour, je vous explique pas les nuits que lui a fait passé son petit après ce traitement ! d’ailleurs, j’en aurais à raconter sur ma voisine de chambre… ! les sœurs du papa qui mettent une tétine dans la bouche du bébé sans demander l’avis de la maman, elle qui veut allaiter mais qui donne des biberons, la vieille tante qui lui dit que son lait peut tourner…c’était un vrai festival de conneries !!! pourtant, elle était super gentille la voisine, mais super mal entourée la pauvre !).

Le dimanche, je m’inquiète car Thalie n’a pas tété depuis plus de 10h : une spécialiste de l’allaitement passe me voir, et règle le problème en 2 2 !!! Soulagement !

Je sors le lendemain midi, en sortie anticipée (je serais bien sortie le dimanche, mais ils ne bossent pas au bureau des admissions le dimanche… et puis, ils n’auraient pas laisser sortir ma puce, à cause de son petit poids…) : ça tombe bien, je n’en peux plus des cris du bébé voisin, alors que la mienne dort paisiblement, et que je pourrais me reposer !!! Et puis surtout, je veux rentrer chez moi, avec ma belette, et profiter de ma nouvelle petite famille !

Je ne regrette pas mes choix, mais cet accouchement restera une blessure pendant encore longtemps. D’ailleurs, l’attachement à mon bébé n’est pas venu au moment de l’expulsion, mais se crée chaque jour un peu plus, en la découvrant, en apprenant à la connaître.

Je vous demanderais juste de ne pas me raconter d’AAD réalisés après plusieurs jours avec une poche des eaux fissurée… quand je vois que ma BM, il y a 34 ans, est restée plus de 3 jours avec une poche des eaux rompue, et qu’à cette époque personne ne s’alarmait pour ça, ça me suffit.

Pour conclure, la naissance que je n’ai pas vécue ce jour-là, je la vis tous les jours avec ma fille : naissance d’une maman que je n’aurais jamais pensé être, naissance d’un petit être qui grandit grâce à moi (à nous). »

Vous l’avez compris, le vécu de cet accouchement est plutôt négatif. Il a fallu du temps, et surtout un 2ème accouchement, celui-là respecté, pour que je guérisse cette blessure. C’est aussi pour ça que j’ai décidé de proposer « Prépare ton projet de Naissance » et l’accompagnement individuel au Projet de Naissance : pour guider au mieux les parents dans cette aventure.

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